De l'hebdo « La Terre de chez nous »
Les vignobles québécois diversifient leur offre touristique
Richelle Fortin, La Terre de chez nous           4 octobre 2007

redaction@laterre.ca

Les propriétaires de vignobles québécois avaient le sourire facile en cette fin de semaine de vendanges. « Même si le mois de mai a été frais, la chaleur des derniers jours nous a amené ce qui manquait à la maturité des raisins.

vignoble Ste Agnès
Ce samedi 29 septembre, tous les vignobles de la région ont débuté leurs vendanges et il y en a encore pour un autre deux semaines », explique Claire Dubé, copropriétaire du vignoble Les Blancs Coteaux, de Dunham. Dans toutes les régions, la récolte s’annonce bonne à excellente.

Prendre la route des vins

Les difficultés à commercialiser les vins québécois par le biais du réseau de la Société des alcools forcent les vignerons à adopter d’autres stratégies de mise en marché. La région de Brome-Missisquoi, plus grande région productrice de vins du Québec, fait figure de pionnière avec la seule Route des vins signalisée de la province. Développée par les vignerons de la région et appuyé par le Centre local de développement (CLD), la Route des vins complémente l’offre vinicole de la région par d’autres attraits touristiques à saveur gastronomique, culturelles et de plein air.

Pour la directrice du CLD, Line Brault, en plus des défis propres à la production, l’amélioration de l’offre touristique est incontournable pour les vignerons. « Le plus payant, c’est les ventes à la ferme, alors que le secteur souffre encore beaucoup des préjugés défavorables des consommateurs. Il faut donc faire vivre une expérience différente aux touristes. Ils veulent connaître et comprendre la production et même, participer aux vendanges », explique-t-elle à la Terre lors de son passage.

Inaugurée en 2003, cette Route des vins a grandement évolué. Line Brault fait valoir que tranquillement, chaque vignoble développe son créneau. Par exemple, aux activités viticoles, L’Orpailleur a développé un économusée de la vigne et du vin, La Bauge veut faire du vignoble une destination familiale alors que les visiteurs peuvent pique-niquer de produits du terroir au vignoble Les Blancs Coteaux. Pour sa part, l’Association des vignerons du Québec proposent six itinéraires permettant de découvrir les vignobles d’autant de régions de la belle province. Si le plus récent, celui du Centre-du-Québec, ne compte qu’un vignoble, la région des Cantons-de-l’Est en compte 13. Au total, l’Association propose 41 vignobles à visiter.

Un petit morceau d’Europe

Invitée par le CLD dans le cadre de la promotion de la Route des vins, la Terre a eu l’occasion de découvrir le plus récent vignoble à se joindre au réseau : le vignoble de la Chapelle Ste Agnès. Pour sa conception, la propriétaire, Henrietta Antony, s’est inspiré des vignobles de sa Moravie natale, aujourd’hui terre de la République tchèque. C’est sur les flancs du mont Sutton qu’elle a choisi d’ériger ce vignoble et le cellier de style médiéval occupant quatre étages sous le sol. Propriétaire du terrain depuis 1986, le site du vignoble de la Chapelle Ste Agnès connut une extraordinaire transformation pour accueillir ses premières vignes en 1998.

Plantés sur 18 terrasses formant un « auditorium », les cépages choisis sont assez inhabituels pour le Québec : Riesling, Vidal, Geisenhem et Gewürzstraminer. Soixante-quinze pour cent de la récolte est destiné à la production de vin de glace. Les résultats n’ont pas tardé à arriver. Dès leur première participation au concours International Wine and Spirit Competition, en 2006, ils remportent une médaille d’argent et une de bronze dans la catégorie des vins de glace.

« Oui, nous avons battu les Ontariens », annonce fièrement John, le fils d’Henrietta. Il explique que la structure du sol et l’orientation géographique offrent des conditions propices pour la culture de ces cépages : protection contre les gels printaniers, accumulation d’unités thermiques et évidemment, l’hiver est garanti. Il louange finalement leur conseiller, Christian Barthomeuf, l’un des pionniers de la viticulture au Québec.

Le site est ouvert aux visiteurs sur réservation. Le cellier, la salle de dégustation voûtée et les produits offerts valent le détour, tout autant que les hôtes, fort accueillants.